Le point sur la recherche

Association Hémochromatose Ouest - Bretagne - Pays de Loire

Des pistes pour la prise en charge de l’hémochromatose génétique:
De la recherche au patient, Dr Olivier LOREAL – Chercheur à l’INSERM RENNES

La compréhension des mécanismes impliqués dans la survenue des hémochromatoses génétiques a progressé durant la dernière décennie. La plupart des surcharges en fer génétiques sont liées à une anomalie de la relation entre l’hepcidine, protéine produite par le foie et secrétée dans le sang, et la ferroportine, protéine cible de la ferroportine présente sur la membrane des cellules qui délivrent le fer dans le sang.

Ainsi l’on peut distinguer les hémochromatoses qui sont liées à un déficit de production d’hepcidine, la plus fréquente d’entre elles (plus de 95%) étant celle qui est liée à la mutation (C282Y) du gène HFE. Cependant existent aussi des formes plus rares d’hémochromatoses à bas niveau d’hepcidine qui sont liées à des mutations du gène produisant l’hepcidine, mais aussi de gènes qui comme HFE ont un impact sur la production d’hepcidine : hémojuvéline et récepteur de la transferrine 2.

Par ailleurs de rares patients présentent des surcharges en fer liées à la mutation du gène responsable de la production de la ferroportine conduisant par des mécanismes, encore non parfaitement élucidés, à la constitution de surcharges en fer.

Les enjeux sont aujourd’hui de comprendre, à l’aide d’approches complémentaires, fondamentales au laboratoire et cliniques en lien avec les patients, les raisons pour lesquelles certains patients présentent des formes majeures de la maladie alors que d’autres présentent des formes mineures. Ceci recouvre la nécessité de mieux pénétrer les mécanismes contrôlant l’expression et l’action de l’hepcidine dont l’anomalie de production favorise la surcharge en fer, ainsi que ceux qui vont participer au développement des manifestations et des lésions, qu’elles aient un impact vital (foie, cœur, pancréas) ou bien un impact fonctionnel, comme les douleurs articulaires qui sont mal contrôlées par la soustraction du fer. L’identification de ces éléments permettra d’améliorer la prise en charge des patients lors du diagnostic mais aussi d’optimiser leur suivi par l’amélioration du traitement. Une supplémentation en hépcidine et l’utilisation de médicaments favorisant sa production par le foie du patient sont des pistes d’intérêt pour le traitement des hémochromatoses génétiques liées à une production insuffisante d’hepcidine.

Juin  2012 

Article publié dans le flash info « l’HEMO pour le dire » d’AHO N°8 juin 2011

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