Hémochromatose et douleurs articulaires

Hémochromatose et douleurs articulaires

Les manifestations osseuses et articulaires de l’hémochromatose sont très fréquentes. En effet, environ 2/3 des patients atteints de la maladie se plaignent de douleurs articulaires. Celles-ci peuvent être plus ou moins invalidantes mais dans un nombre de cas non négligeable, elles diminuent franchement la qualité de vie. Elles peuvent se présenter sous la forme de douleurs arthrosiques ou au contraire d’une polyarthrite qui ressemble à de la pseudo-goutte ou dans quelques cas à une polyarthrite chronique invalidante. Quelques localisations sont particulièrement évocatrices : les atteintes des mains et particulièrement des articulations métacarpo-phalangiennes (à la base des doigts) des 2ème et 3ème doigts, des hanches, des chevilles… mais toutes les articulations peuvent être atteintes. La gravité potentielle de l’atteinte articulaire de l’hémochromatose est attestée par l’augmentation du nombre de prothèses articulaires chez les patients par rapport à la population générale ; dans certaines études, ce risque est multiplié par 9, principalement des prothèses de hanches. Les possibilités thérapeutiques sont actuellement limitées et malheureusement, les saignées n’améliorent généralement pas les symptômes articulaires. En l’absence de contre-indication liée au malade, divers traitements symptomatiques sont employés : antalgiques, cures courtes d’anti-inflammatoires stéroïdiens ou de colchicine lors de poussées inflammatoires. Les infiltrations articulaires de corticoïdes sont souvent très efficaces. Il n’existe pas de « traitement de fond » du rhumatisme hémochromatosique. Néanmoins, il existe des pistes de recherche, notamment un médicament bloquant une molécule inflammatoire va être prochainement proposé à des malades ne répondant pas aux traitements classiques dans le cadre d’un essai clinique hospitalier national que nous piloterons à Rennes.
L’ostéoporose est une autre complication un peu moins connue de l’hémochromatose. Elle est importante à dépister car elle augmente le risque de fracture. On ne sait pas si les saignées ont un impact sur l’évolution de la masse osseuse des patients. Nous sommes en train de terminer une étude multicentrique (à laquelle certains d’entre vous ont dû participer) dont le but est d’essayer de répondre à cette question.

Les saignées permettent d’éviter les complications vitales de la maladie. Il faut maintenant s’occuper de la qualité de vie des patients. Le traitement des manifestations ostéoarticulaires est clairement un enjeu.

Pr Pascal GUGGENBUHL, Rhumatologue, CHU Rennes, Université de Rennes 1, Unité Mixte de Recherche INSERM U991 (équipe fer)

2 commentaires

  • PLOUNEVEZ GERARD

    07 Jul, 2016

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    Bonjour. Je présente tous les signes d'un rhumatisme hémochromatosique et la colchicine ne suffit pas à réduire les symptômes inflammatoires. Je suis intéressé par votre essai clinique. Si ma candidature n'est pas trop tardive et vous intéresse, vous voudrez bien me faire savoir la procédure à suivre. Merci.

    • PresidentAHO

      12 Jul, 2016

      Répondre

      Bonjour, Je reproduit ci-dessous le message paru dans le N° 16 "l'HEMO pour le dire" disponible sur notre site internet. Prenez contact avec l’assistante du Pr Guggenbuhl de ma part, Joël DEMARES Président AHO pour un rendez vous.Il jugera ainsi si vous êtes susceptible de participer au test clinique "Environ 2/3 des patients atteints d’hémochromatose se plaignent de douleurs articulaires liées à la maladie. Elles peuvent être atté-nuées par les traitements antidouleur ou anti-inflammatoires usuels ou des infiltrations intra-articulaires. Dans un certain nombre de cas, les traitements symptomatiques ne sont pas suffisamment efficaces et la qualité de vie des patients est franchement diminuée. Il n’existe pas de traitement spécifique du rhumatisme hémochromatosique. L’équipe de rhumatologie du CHU de Rennes a obtenu un PHRC national (projet hospitalier de recherche clinique) pour mener une étude institutionnelle préliminaire (étude THERA) sur l’effet d’un médicament bloquant une molécule inflammatoire (l’interleukine 1), l’Anakinra, chez les patients réfractaires aux traitements habituels du rhumatisme hémochromatosique. Seuls ces patients réfractaires et répondant aux critères de sélection de l’étude pourront être inclus dans cet essai de courte durée (3mois)". Deux centres pourront prendre en charge les patients : CHU Rennes Sud – Service de Rhumatologie – Pr Pascal Guggenbuhl – Tel: 02 99 26 71 40 CHU Lariboisière -75010 Paris - Service de Rhumatologie - Pr Pascal Richette - Tel: 01 49 95 62 93. Je reste à votre disposition, et n'hésitez pas à rejoindre l'association en y adhérant, plus nombreux nous sommes plus efficace est notre action Cordialement Joël Demares Président AHO

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